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Pisces : les câbles sous-marins, piliers du cloud et de la souveraineté numérique

Le projet Pisces, annoncé le 14 octobre 2026 par Orange, Equitix et MDM, prévoit une nouvelle liaison sous-marine entre l’Irlande, la France, l’Espagne et le Portugal. Avec ses 3 125 km et ses 16 paires de fibres optiques, il illustre un enjeu clé : la souveraineté numérique dépend aussi des réseaux qui relient les datacenters et les infrastructures cloud.

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Qu’est-ce que le câble sous-marin Pisces ?

Pisces est un projet de câble sous-marin de 3 125 kilomètres destiné à relier quatre pays européens : l’Irlande, la France, l’Espagne et le Portugal. Annoncé le 14 octobre 2026, le projet est porté par une coentreprise associant Equitix, MDM et Orange, avec un soutien financier de l’Union européenne. Son déploiement est prévu pour 2028 : le câble n’est donc pas encore opérationnel.

Les points d’atterrissement annoncés sont Galway (Irlande), Saint-Hilaire-de-Riez (France), Sopelana (Espagne) et Carcavelos (Portugal). Une station d’atterrissement est également prévue à Sopelana. La nouvelle liaison vise notamment à proposer une route directe entre l’Irlande et l’Europe continentale, sans passage par le Royaume-Uni.

Sources : communiqué Orange du 14 octobre 2026 et Commission européenne, présentation du projet Pisces.

Pourquoi les câbles sous-marins sont-ils stratégiques pour la résilience numérique ?

Cloud, datacenters, plateformes Data et systèmes d’information reposent sur une chaîne d’interconnexions physiques. Une infrastructure de calcul performante n’apporte pas la continuité attendue si les échanges réseau sont insuffisamment résilients.

En diversifiant les routes entre les territoires, une nouvelle liaison peut réduire certaines dépendances à des points de passage existants. Il ne suffit cependant pas de construire un câble pour garantir la résilience : celle-ci dépend aussi des architectures de redondance, des accords d’exploitation, de la supervision et des procédures de rétablissement.

Pour les opérateurs, la réflexion dépasse ainsi la seule capacité de transport. Il s’agit d’identifier les dépendances critiques, de vérifier la diversité réelle des chemins, de tester les scénarios d’incident et d’assurer une continuité de bout en bout.

Quel lien entre Pisces, le cloud et les datacenters européens ?

L’Irlande concentre des infrastructures cloud et des capacités d’hébergement importantes. Les échanges avec les autres territoires européens dépendent de réseaux à haute capacité et d’interconnexions fiables. Une route supplémentaire vers le continent peut donc contribuer à diversifier les options de connectivité disponibles pour les fournisseurs et leurs clients.

Ce point éclaire un choix d’architecture souvent sous-estimé : la localisation des données, la puissance de calcul et les solutions de sauvegarde ne suffisent pas à elles seules à assurer la disponibilité d’un service. Les routes réseau, leurs opérateurs et les engagements de reprise doivent être intégrés à l’analyse des risques.

Souveraineté numérique : la localisation des données ne suffit pas

Héberger des données en Europe peut répondre à des objectifs de conformité et de maîtrise. Mais cela ne garantit pas, à lui seul, l’autonomie de l’écosystème. Les flux peuvent rester dépendants de routes, équipements, technologies et acteurs extérieurs.

Le projet Pisces ajoute une dimension physique au débat sur la souveraineté numérique. Son approche de fibre noire en accès ouvert entend renforcer la diversité des options de connectivité. La souveraineté reste néanmoins une question plus large qui inclut la propriété, la gouvernance, la sécurité et les conditions opérationnelles d’exploitation des infrastructures.

Trois enseignements opérationnels pour les projets d’infrastructures

1. Cartographier les dépendances dès la conception

Pour les grands projets de connectivité, les contraintes d’autorisations, de génie civil, de raccordement terrestre et d’interconnexion sont aussi structurantes que l’équipement réseau. Une cartographie des dépendances aide à sécuriser le chemin critique et les décisions d’investissement.

2. Préparer le passage du Build au Run

Un déploiement ne s’achève pas à la livraison technique. Maintenance, gestion des incidents, supervision et responsabilités entre acteurs doivent être définies avant la mise en exploitation, dans une logique de continuité de service.

3. Mesurer la résilience en conditions réelles

La redondance théorique n’est pas toujours une diversité physique réelle. Tests de bascule, analyse des points de défaillance communs, données d’exploitation et indicateurs de disponibilité sont indispensables pour évaluer la robustesse du dispositif.

Quel regard pour les acteurs de la transformation numérique ?

Avec Pisces, les infrastructures de connectivité apparaissent comme un levier de résilience, de performance et d’autonomie stratégique. Pour les directions SI et télécoms, l’enjeu est de concilier architecture réseau, gestion des risques, gouvernance des fournisseurs et maîtrise des programmes complexes.

Chez Groupe BBU, ces sujets se situent à la convergence des expertises en infrastructures IT et télécoms, pilotage de transformation et résilience opérationnelle. La réussite des programmes numériques exige une vision complète, depuis les dépendances techniques jusqu’à l’organisation de leur exploitation.

FAQ sur le projet Pisces

Quels pays le câble Pisces reliera-t-il ?

Pisces doit relier l’Irlande, la France, l’Espagne et le Portugal, avec des points d’atterrissement annoncés à Galway, Saint-Hilaire-de-Riez, Sopelana et Carcavelos.

Quand le câble sous-marin Pisces sera-t-il opérationnel ?

Son déploiement est prévu pour 2028 selon l’annonce d’octobre 2026. Il s’agit d’une échéance prévisionnelle, et non d’une mise en service déjà réalisée.

Pourquoi les câbles sous-marins sont-ils importants pour les datacenters ?

Les datacenters échangent des données avec d’autres sites, les plateformes cloud et leurs utilisateurs. La qualité, la capacité et la diversité des liaisons réseau influencent donc directement la performance et la disponibilité des services hébergés.

Pisces garantit-il la souveraineté numérique européenne ?

Non, à lui seul. Le câble vise à diversifier les routes de connectivité européennes, mais la souveraineté dépend également de la propriété des infrastructures, de leur exploitation, de la sécurité, des équipements et de la gouvernance.